Avocats en 3e année : voici les cabinets où votre heure est la mieux payée
Articles

Avocats en 3e année : voici les cabinets où votre heure est la mieux payée

S'inscrire
S'inscrire
date de publication

La rétrocession est l'indicateur le plus scruté en cabinet et parfois le plus trompeur. Un cabinet qui affiche 165 000 € annuels peut représenter une moins bonne affaire qu'un cabinet à 110 000 €, si ses collaborateurs y travaillent deux fois plus longtemps.

À partir des déclarations anonymes collectées sur notre plateforme, nous avons croisé la rétrocession annuelle brute avec le volume horaire hebdomadaire déclaré pour produire un classement fondé sur un seul indicateur : le taux horaire implicite. Une autre façon de lire ce que vous gagnez réellement en échange de votre temps.

Ce classement porte sur les avocats en troisième année de collaboration. Alors, qui paie vraiment le mieux ? La réponse vous surprendra peut-être.

Méthodologie : Classement rétrocession avocats 3ème année

Les données présentées sont issues de déclarations de collaborateurs en troisième année que nous avons recueillie dans l’étude de marché de Neria. Chaque répondant a renseigné sa rétrocession annuelle brute hors bonus, ainsi que son volume horaire hebdomadaire moyen.

Nous avons exclu les déclarations inférieures à 35 heures par semaine, jugées non représentatives d'une collaboration à temps plein.

Pour les cabinets ayant recueilli plusieurs réponses, nous avons calculé la moyenne des déclarations. Lorsque les réponses d'un même cabinet présentent une dispersion significative, écart de rétrocession supérieur à 10 % ou amplitude horaire supérieure à 10 heures, nous le signalons explicitement.

Le taux horaire est calculé en rapportant la rétrocession annuelle au nombre total d'heures travaillées, estimé sur 52 semaines moins les semaines de congés déclarées. Contrairement à une base fixe de 5 semaines de congés, cette approche intègre les politiques de congés propres à chaque cabinet (certains proposant 6 ou 7 semaines), ce qui change significativement l’ordre du classement.

Le classement principal : les cabinets où le rapport temps/rémunération est le meilleur

Voici les 15 premiers cabinets de l'échantillon classés par taux horaire décroissant.

Tableau récapitulatif

Cabinet Rétro moy. Volume Congés Taux horaire
1 Clifford Chance 130 000 €40h6 sem70,7 €/h
2 Linklaters Paris 143 333 €48h5 sem63,1 €/h
3 King & Spalding 145 000 €50h5 sem61,7 €/h
4 A&O Shearman 129 000 €45h5 sem61,0 €/h
5 Gide Loyrette Nouel 125 000 €45h5 sem59,1 €/h
6 Cazals Manzo Pichot St Quentin 105 000 €38h5 sem58,8 €/h
7 Jeantet 110 000 €40h5 sem58,5 €/h
8 Freshfields 150 000 €60h6 sem54,3 €/h
9 Vogel & Vogel 99 000 €40h5 sem52,7 €/h
10 Racine 95 000 €40h6 sem51,6 €/h
11 Orrick, Herrington & Sutcliffe 145 000 €60h5 sem51,4 €/h
12 Baker McKenzie Paris 120 000 €50h5 sem51,1 €/h
13 Delsol Avocats 92 000 €40h5 sem48,9 €/h
14 Bredin Prat 138 000 €60h5 sem48,9 €/h
15 Capstan Avocats 95 000 €42h5 sem48,1 €/h
Source : Neria — Données collaborateurs · Le taux horaire est calculé sur la base des semaines travaillées (52 sem. − congés) × heures hebdomadaires.

⚠️ = dispersion significative dans les déclarations pour Linklaters Paris (rétrocession entre 140 000 € et 150 000 €, volume horaire entre 40h et 55h)

Pour nous aider à enrichir ces données et produire des analyses encore plus précises pour les années à venir, participez à l'étude de marché Neria.

{{etude="/cta-neria"}}

Les cabinets anglo-saxons : la domination du brut, nuancée par le temps

Les firmes anglo-saxonnes occupent 7 des 15 premières places du classement. Clifford Chance, Linklaters, King & Spalding, A&O Shearman, Freshfields, Orrick et Baker McKenzie composent ce groupe, avec des taux horaires qui varient de 51 €/h à 70 €/h.

Ce qui distingue les meilleurs dans ce segment, ce n'est pas la rétrocession brute la plus élevée, c'est la combinaison rémunération / volume horaire / nombre de semaines de congés. Clifford Chance s'impose en tête du classement à 70,7 €/h avec : 130 000 € de rétrocession, 40 heures hebdomadaires, et 6 semaines de congés. Un profil rare dans ce segment, où la majorité des cabinets demande entre 50 et 60 heures par semaine. A&O Shearman confirme son positionnement avec 129 000 € pour 45 heures (61,0 €/h), une rémunération dans le haut du marché sans le volume horaire des cabinets les plus exigeants.

À l'inverse, Freshfields illustre parfaitement le paradoxe du brut trompeur. Avec 150 000 € annuels, la rétrocession la plus élevée de l'échantillon, et 6 semaines de congés, le cabinet ne figure qu'au 8e rang à 54,3 €/h. La raison : 60 heures hebdomadaires déclarées, qui absorbent mécaniquement l'avantage financier. Orrick présente le même profil : 145 000 € brut mais 60 heures, ce qui le place 11e à 51,4 €/h, derrière des cabinets français qui affichent pourtant 30 000 € de moins en rétrocession annuelle.

Les cabinets français : moins payés en brut, mais plus compétitifs qu'on ne le croit

Les cabinets français représentent 8 des 15 premières places de ce classement et c'est la donnée la plus intéressante de cette étude. Gide, Cazals Manzo, Jeantet, Vogel & Vogel, Racine, Delsol, Bredin Prat et Capstan tiennent leur rang non pas sur le brut, mais sur le rapport temps/rémunération.

Gide Loyrette Nouel entre dans le top 5 à 59,1 €/h : 125 000 € pour 45 heures hebdomadaires. Dans un classement dominé par les grandes firmes internationales, c'est un chiffre qui dit quelque chose d'important sur la stratégie de la maison : aligner sa politique de rémunération sur les standards internationaux tout en maintenant un volume horaire plus raisonnable que ses concurrents directs. Cette interprétation est cependant à prendre avec du recul car il existe, comme souvent, des variantes importantes en fonction des matières.

Cazals Manzo Pichot Saint Quentin : 6e position avec 58,8 €/h, pour 105 000 € et 38 heures hebdomadaires déclarées. Une boutique fiscale spécialisée qui, par son modèle d'exercice, s'inscrit dans le top 10 d'un classement dominé par les grandes firmes internationales. Pour un fiscaliste de 3e année, c'est une donnée à intégrer sérieusement dans sa réflexion.

Jeantet figure au 7e rang à 58,5 €/h : 110 000 € pour 40 heures. Un taux équivalent à Freshfields, qui paie 40 000 € de plus mais exige 60 heures par semaine. C'est l'illustration la plus directe de ce que ce classement mesure : la valeur réelle de votre temps, pas la valeur nominale de votre contrat.

Racine complète ce tableau avec 95 000 € pour 40 heures et 6 semaines de congés (51,6 €/h). Un positionnement en retrait sur le brut, mais compétitif dès lors qu'on intègre la durée de travail réelle.

La conclusion s'impose : en 3e année, les cabinets français ne rivalisent pas avec les anglo-saxons sur la rémunération brute. Mais plusieurs d'entre eux : Gide, Jeantet, Cazals Manzo en tête, offrent un taux horaire implicite comparable aux meilleures firmes internationales, ce qui change radicalement la lecture du marché.

Les cabinets avec une dispersion significative dans les déclarations

Linklaters Paris : rétrocession entre 140 000 € et 150 000 €, volume horaire entre 40h et 55h. L'amplitude de 15 heures est la plus significative de l'échantillon. La moyenne à 143 333 € / 48h masque vraisemblablement des réalités très différentes selon les pratiques. Un avocat en M&A transactionnel et un avocat en contentieux ne vivent pas la même collaboration au sein d'un même cabinet.

Ce que ces chiffres changent à la négociation en 3e année

En troisième année, le levier de négociation a changé. Ce n'est plus « combien paie ce cabinet » mais « combien paie ce cabinet par heure que je lui consacre ». Les données montrent que l'écart entre le meilleur et le moins bon taux horaire de l'échantillon est considérable. Dans notre top 15 il y a déjà des différences significatives.

Pour un avocat qui se prépare à renégocier ou à changer de cabinet, trois questions méritent d'être posées explicitement lors des entretiens : quel est le volume horaire moyen constaté dans mon département et dans ma spécialité, comment évolue-t-il en période de deal ou de procédure, et quelle est la politique de bonus. C'est la combinaison de ces trois éléments et non la rétrocession brute seule, qui détermine la rémunération réelle.

Pour nous aider à enrichir ces données et produire des analyses encore plus précises pour les années à venir, participez à l'étude de marché Neria.

{{etude="/cta-neria"}}

D’autres tops sont disponibles sur le site de Neria

Sommaire de l'article