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La facturation électronique devient obligatoire pour toutes les entreprises françaises à partir de septembre 2026. Les dates sont désormais officielles. Pourtant, à moins d'un an de la première échéance, un constat s'impose : la grande majorité des équipes en place n'ont pas été formées à ce changement.
Et ce n'est pas un manque de volonté. C'est un manque de temps, de priorisation, parfois de compréhension de ce que la réforme implique concrètement au quotidien. Le changement d'outil n'est qu'une partie du défi.
La loi de finances 2024 (article 91) a fixé le calendrier définitif. Confirmé et précisé par le décret n° 2024-266 du 25 mars 2024
Avant de parler formation, il faut comprendre ce qui change du côté des personnes concernées.
Jusqu'à présent, beaucoup de collaborateurs émettent des factures via des outils informels : un document Word, un tableur Excel, parfois même un formulaire maison. À compter de septembre 2026, ces factures devront être générées dans un format structuré (Factur-X, UBL ou CII), puis transmises via une plateforme agréée par l'État avant de parvenir au destinataire.
Une plateforme agréée doit être l'intermédiaire obligatoire entre vous et l'administration fiscale. C'est elle qui reçoit vos factures, les transmet à vos clients et communique les données à la DGFIP.
Ce n'est pas une simple mise à jour de logiciel. C'est un changement de façon de travailler. Et pour les équipes qui n'ont jamais côtoyé ces concepts, c'est parfois déroutant.
Vous devrez en choisir une avant septembre 2026.
Découvrez la Liste des 112 plateformes agrées pour la facturation électronique.
Une erreur classique dans les projets de transition, c'est de penser que seul les équipes administratives doivent être formées. En réalité, la facturation électronique impacte l'ensemble de la chaîne, depuis l'avocat qui traite le dossier jusqu'à la personne qui émet matériellement la facture.
Dans un cabinet d'avocat, la facturation n'est pas seulement une affaire de secrétariat. Elle implique directement les avocats eux-mêmes, qui doivent comprendre comment leurs prestations seront désormais transformées en factures conformes. La formation doit donc tenir compte de cette réalité spécifique.
Les avocats, qu'ils soient associés ou collaborateurs, ne vont pas nécessairement créer les factures eux-mêmes, mais ils restent à l'origine des éléments qui permettront de les générer. Ils doivent donc comprendre ce qui change dans leur quotidien.
Pourquoi les former ? Parce que la facturation électronique impose une rigueur nouvelle dans la remontée d'informations. Un temps passé mal saisi, une prestation mal qualifiée, un débours non documenté : autant d'éléments qui, avant, pouvaient se corriger "à la volée" au moment de l'émission de la facture. Désormais, la facture est générée automatiquement à partir de données structurées. Si ces données sont incomplètes ou erronées en amont, la facture sera rejetée par la plateforme agréée.
Ce qu'ils doivent savoir :
Format recommandé : Une session de 45 minutes à 1 heure, idéalement animée par un associé qui a lui-même compris la réforme, avec des exemples concrets tirés de la pratique du cabinet. L'objectif n'est pas de les former à l'outil, mais de créer une compréhension partagée du nouveau cadre.
C'est ici que la formation devient très pratique. Les assistantes juridiques, secrétaires et responsables administratifs sont en première ligne pour créer, vérifier et transmettre les factures au quotidien via la plateforme agréée.
Pourquoi les former de manière approfondie ? Parce qu'elles devront maîtriser le nouvel outil de facturation dans ses moindres détails. Contrairement à Word ou Excel, l'outil génère automatiquement des factures au format structuré (Factur-X, UBL ou CII) et les transmet via une plateforme agréée. Elles doivent savoir comment créer une facture, la corriger en cas d'erreur, gérer les refus de la plateforme, et traiter les cas particuliers propres à la profession d'avocat.
Ce qu'elles doivent maîtriser :
Format recommandé : Une formation en deux temps. D'abord, une session initiale de 2 à 3 heures sur l'outil avec des exercices pratiques (créer une facture type, la transmettre, corriger une erreur). Ensuite, une session de suivi 3 à 4 semaines après le déploiement réel, pour traiter les problèmes rencontrés en situation réelle et répondre aux questions qui émergent dans la pratique quotidienne.
Dans les cabinets de taille moyenne ou importante, il est utile de désigner un ou plusieurs "référents facturation" qui maîtrisent le système dans son ensemble et peuvent aider les autres collaborateurs en cas de blocage.
Pourquoi créer cette fonction ? Parce que, passé les premières semaines, des questions complexes vont émerger : que faire si un client refuse une facture électronique ? Comment gérer une facture mixte (partie soumise à TVA, partie exonérée) ? Comment corriger une facture déjà transmise à l'administration fiscale ? Le secrétariat ne peut pas toujours avoir toutes les réponses, et solliciter l'éditeur du logiciel pour chaque cas particulier ralentit tout le monde.
Ce que le référent doit maîtriser :
Format recommandé : Une formation technique de 3 à 4 heures, idéalement dispensée par l'éditeur du logiciel ou par un formateur spécialisé. Cette formation peut être complétée par un accès prioritaire au support technique de l'éditeur et à une documentation détaillée sur les cas d'usage complexes.
À partir de 2026, la facturation électronique deviendra obligatoire y compris les avocats qui développent leur clientèle personnelle. Avec une anticipation de quelques mois et une démarche structurée, ce passage peut se faire sereinement et vous permettre de se concentrer rapidement sur son cœur de métier.
Voici la checklist des éléments à vérifier :
✓ Identifier votre échéance précise selon la taille de votre structure
✓ Consulter le site officiel DGFiP et télécharger le guide TPE/PME
✓ Faire un état des lieux de votre système de facturation actuel
✓ Évaluer votre volume mensuel de factures et votre budget disponible
✓ Se familiariser avec le format Factur-X et les mentions obligatoires
✓ Comparer 4-5 solutions selon les critères : prix, ergonomie, intégration comptable, support client
✓ Tester les versions d'essai avec vos factures types
✓ Souscrire à la solution choisie et créer votre compte
✓ Personnaliser vos modèles de factures (logo, mentions, numérotation)
✓ Importer votre base clients et vos prestations types
✓ Vérifier que l'archivage légal de 10 ans est garanti
✓ Créer 5-10 factures fictives pour vous exercer
✓ Tester l'envoi d'une vraie facture à un client test
✓ Vérifier l'export comptable et l'archivage
✓ Informer vos clients par email du changement à venir
✓ Expliquer les avantages et rassurer sur la conformité
✓ Communiquer votre adresse de réception aux fournisseurs
✓ Démarrer avec les nouveaux dossiers
✓ Maintenir temporairement un double format si nécessaire
✓ Noter les retours clients et problèmes rencontrés
✓ Automatiser les relances impayés (J+15, J+30, J+45)
✓ Créer des modèles pour chaque prestation courante
✓ Vérifier la synchronisation comptable mensuelle
✓ Explorer les fonctionnalités avancées
✓ Sauvegarder mensuellement vos données hors plateforme
✓ Vérifier trimestriellement les mises à jour réglementaires
✓ Changer vos mots de passe tous les 6 mois
✓ Évaluer annuellement votre solution vs. alternatives
Durée totale estimée : 4 à 6 mois
Formation personnelle : 10 à 15 heures
Budget moyen : 20 à 40 €/mois
Il est donc nécessaire de mettre en place le sujet au coeur de vos priorités.
Plusieurs patterns d'échec sont récurrents dans ce type de projet, et ils sont tous liés à la façon dont la formation est organisée (ou pas).
Attendre la dernière minute. Les équipes qui sont formées deux semaines avant la date butoir n'ont pas le temps d'absorber le changement, de poser des questions, d'essayer l'outil dans un contexte tranquille. La formation doit démarrer au moins deux à trois mois avant la mise en place.
Former une seule fois. Un training unique, aussi bien fait soit-il, ne suffit jamais. Les personnes oublient, les situations nouvelles apparaissent, les erreurs de début de parcours nécessitent un suivi. Prévoyez des sessions de rappel et des canaux de support après le déploiement.
Négliger les retours terrain. Les personnes qui utilisent l'outil au quotidien sont les premières à identifier ce qui ne marche pas. Si vous ne les écoutez pas après le déploiement, les problèmes s'accumulent en silence jusqu'à créer une vraie blocage.
Oublier les cas particuliers. Une facture standard, pas de problème. Mais qu'est-ce qu'on fait avec une facture annulée ? Avec un avoir ? Avec une facture partiellement payée ? Ces situations sont fréquentes et doivent être couvertes dans la formation, sinon les équipes se retrouvent bloquées au quotidien.
Le récapitulatif en image :
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La réforme prévoit des amendes en cas de non-respect : 15 € par facture non émise au format électronique (e-invoicing), et 250 € par transmission de données manquante ou erronée (e-reporting), avec un plafond de 15 000 € par an dans les deux cas.
Source : Article 1737-III du CGI et 1788-D-I du CGI.
Ces montants peuvent paraître modestes pris individuellement, mais ils s'accumulent rapidement sur une année. Pour une entreprise qui émet plusieurs centaines de factures par an, le risque financier devient significatif. Et selon les discussions autour du Projet de Loi de Finances 2026, ces sanctions pourraient être rehaussées encore.
La formation n'est donc pas seulement une question de confort des équipes. C'est aussi une question de risque pour l'entreprise.
Découvrez comment l’expert-comptable peut vous aider dans cette transition.
La réforme arrive en deux temps : la réception de factures électroniques devient obligatoire en septembre 2026 pour toutes les entreprises, et l'émission en septembre 2027 pour la plupart des structures. Mais les équipes qui attendent la dernière échéance pour se former ne se donnent pas vraiment plus de temps. Elles se donnent juste moins de marge pour corriger les erreurs.
Évaluer les compétences actuelles de vos équipes, identifier les personnes à former en priorité, choisir un outil compatible et planifier les sessions de formation — tout cela peut être fait dès aujourd'hui, bien avant que la pression de la date ne s'installe.
La transition vers la facturation électronique est d'abord une transition humaine. Les entreprises qui le comprennent en amont sont celles qui la vivront le plus sereinement.