
La rétrocession est l'indicateur le plus scruté en cabinet et parfois le plus trompeur. Un cabinet qui affiche 130 000 € annuels peut représenter une moins bonne affaire qu'un cabinet à 90 000 €, si ses collaborateurs y travaillent deux fois plus longtemps.
Nous avons déjà réalisé l’étude des cabinets où l’heure est la mieux payée pour les avocats collaborateurs de 3ème année, c’est le tour des 1ères années !
Comme pour cette première étude, à partir des déclarations anonymes collectées sur notre plateforme, nous avons croisé la rétrocession annuelle brute avec le volume horaire hebdomadaire déclaré pour produire un classement fondé sur un seul indicateur : le taux horaire implicite. Une autre façon de lire ce que vous gagnez réellement en échange de votre temps.
Alors, qui paie vraiment le mieux ? La réponse vous surprendra peut-être.
Les données sont issues de déclarations anonymes de collaborateurs en première année, collectées dans le cadre de l'étude de marché Neria.
Pour nous aider à récolter encore plus de données sur le marché, participez à l'étude.
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Chaque répondant a renseigné sa rétrocession annuelle brute hors bonus et son volume horaire hebdomadaire moyen. Lorsqu'un cabinet concentre plusieurs réponses, nous retenons la moyenne. En cas de dispersion significative, soit un écart de rétrocession supérieur à 10 % ou une amplitude horaire supérieure à 10 heures, nous le signalons dans le classement.
Le taux horaire est obtenu en divisant la rétrocession annuelle par le nombre d'heures réellement travaillées, calculé sur 52 semaines moins les congés déclarés propres à chaque cabinet. Cette base variable, certains cabinets accordant 6 semaines, modifie parfois sensiblement l'ordre du classement par rapport à une base fixe uniforme.
Voici les 15 premiers cabinets de l'échantillon classés par taux horaire décroissant.
⚠ = dispersion significative dans les déclarations.
⚠ Dispersions signalées : White & Case LLP : volume horaire entre 40h et 50h. Gide Loyrette Nouel : rétrocession entre 108 000 € et 114 000 €, volume horaire entre 40h et 55h. Cleary Gottlieb : volume horaire entre 45h et 60h. Jones Day : rétrocession entre 110 000 € et 120 000 €, volume horaire entre 50h et 55h.
Les firmes anglo-saxonnes occupent 10 des 15 premières places du classement. King & Spalding, White & Case, Latham & Watkins, Cleary Gottlieb, Clifford Chance, Jones Day, Orrick et Simmons & Simmons composent ce groupe, avec des taux horaires qui varient de 44 à 58 €/h.
Ce qui distingue les meilleurs dans ce segment, ce n'est pas la rétrocession brute la plus élevée, c'est la combinaison rémunération / volume horaire / politique de congés. King & Spalding s'impose en tête du classement à 58,5 €/h avec 110 000 € de rétrocession pour seulement 40 heures hebdomadaires : le volume le plus raisonnable du top 15. Un profil rare dans ce segment, où la majorité des cabinets demande entre 50 et 60 heures.
White & Case LLP confirme son positionnement au deuxième rang à 52,4 €/h. La rétrocession de 115 000 € est dans le haut du marché de 1ère année, pour un volume horaire moyen de 47 heures.
Orrick illustre parfaitement le paradoxe du brut trompeur en 1ère année. Avec 130 000 €, la rétrocession la plus élevée de l'échantillon, le cabinet ne figure qu'au 11e rang à 46,1 €/h. La raison : 60 heures hebdomadaires déclarées, qui absorbent mécaniquement l'avantage financier. Latham & Watkins et Cleary Gottlieb présentent le même profil : 120 000 € brut mais 52 heures en moyenne, ce qui les maintient en milieu de classement malgré une rémunération nominale identique.
Les cabinets français représentent 7 des 15 premières places de ce classement. Gide, Moncey Law Firm, De Pardieu Brocas Maffei, August Debouzy, Bredin Prat, Franklin et BDGS Associés tiennent leur rang non pas sur le brut, mais sur le rapport temps/rémunération.
Gide Loyrette Nouel entre au 4e rang à 49,7 €/h : 111 000 € en moyenne pour 48 heures hebdomadaires. Une performance remarquable pour un cabinet français à ce stade de carrière. La dispersion des déclarations invite toutefois à nuancer selon les pratiques et les équipes.
Moncey Law Firm réalise l'une des performances les plus remarquables du classement : 5e position à 48,9 €/h, avec 90 000 € de rétrocession pour 40 heures hebdomadaires et 6 semaines de congés. Un cabinet moins visible que les grands internationaux, mais dont le rapport temps/rémunération en 1ère année surpasse celui de cabinets qui affichent 30 000 € de plus en brut.
De Pardieu Brocas Maffei figure au 7e rang à 48,2 €/h : 102 000 € pour 45 heures. Un positionnement solide parmi les grandes maisons françaises, comparable au niveau des meilleures firmes anglaises de taille intermédiaire présentes dans cet échantillon.
August Debouzy se place au 9e rang à 47,3 €/h : 100 000 € pour 45 heures et 5 semaines de congés. Un cabinet indépendant qui, sur ce seul indicateur, devance plusieurs firmes anglo-saxonnes affichant pourtant 20 000 € de plus en rétrocession brute.
Bredin Prat complète ce tableau avec 108 000 € pour 50 heures (46,0 €/h). Un niveau de rémunération parmi les plus élevés des cabinets français, pour un volume horaire qui reste dans la moyenne haute du marché.
BDGS Associés ferme ce groupe au 15e rang à 44,1 €/h : 114 000 € pour 55 heures. La rétrocession brute est parmi les plus élevées de l'échantillon français, mais le volume horaire pèse sur le taux implicite.
La conclusion s'impose : en 1ère année, plusieurs cabinets français, Gide, De Pardieu, August Debouzy et Bredin Prat en tête, offrent un taux horaire implicite comparable aux meilleures firmes internationales. Ce qui change radicalement la lecture du marché pour un jeune avocat qui débute.
Gide Loyrette Nouel : rétrocession entre 108 000 € et 114 000 €, volume horaire entre 40h et 55h. L'amplitude de 15 heures est la plus significative de l'échantillon. La moyenne à 111 000 € / 48h masque vraisemblablement des réalités différentes selon les pratiques et les équipes. Un avocat en financement et un avocat en droit social ne vivent pas la même collaboration au sein d'un même cabinet.
Cleary Gottlieb : volume horaire entre 45h et 60h. La dispersion sur les heures est significative pour un cabinet dont la rétrocession est uniformément à 120 000 €. Le deal flow du moment explique vraisemblablement l'écart.
Jones Day : rétrocession entre 110 000 € et 120 000 €, volume horaire entre 50h et 55h. La dispersion est modérée mais mérite d'être mentionnée compte tenu de l'écart de 10 000 € en brut.
En première année, la négociation est souvent perçue comme limitée. Les grilles existent, les marges de manoeuvre semblent faibles. Ces chiffres montrent pourtant que l'écart entre le meilleur et le moins bon taux horaire de l'échantillon est considérable. Et ce même dans le top 15.
Pour un avocat qui choisit son premier cabinet ou envisage une mobilité en cours de première année, trois questions méritent d'être posées explicitement lors des entretiens : quel est le volume horaire moyen constaté dans mon département et dans ma spécialité ? Comment évolue-t-il en période de deal ou de procédure ? Quelle est la politique de bonus ? C'est la combinaison de ces trois éléments et non la rétrocession brute seule, qui détermine la rémunération réelle.
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