
En 2ème année, les écarts de rétrocession entre cabinets deviennent réellement significatifs. Mais le chiffre affiché sur le contrat de collaboration ne dit qu'une partie de l'histoire : à 130 000 €, un cabinet peut rémunérer moins bien chaque heure travaillée qu'un concurrent à 90 000 €, simplement parce que le rythme de travail n'est pas le même.
Après les 3èmes années et les 1ères années, nous appliquons le même exercice aux collaborateurs de deuxième année.
L'idée reste identique : ramener la rétrocession au temps effectivement passé en cabinet, à partir des déclarations anonymes collectées sur la plateforme Neria. Le résultat, un taux horaire implicite, permet de lire ce que chaque heure rapporte réellement, et de comparer sur une base homogène des cabinets qui n'ont ni la même politique de rétrocession, ni les mêmes attentes en volume horaire.
Le classement qui suit réserve quelques surprises.
Les données proviennent de déclarations anonymes de collaborateurs en deuxième année, collectées dans le cadre de l'étude de marché Neria. Vous pouvez contribuer à enrichir cet échantillon en participant à l'étude.
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Parmi d'autres, ces trois informations sont demandées à chaque répondant : la rétrocession annuelle brute hors bonus, le volume horaire hebdomadaire moyen, et le nombre de semaines de congés effectives accordées par le cabinet. Lorsque plusieurs collaborateurs déclarent leur situation pour un même cabinet, nous calculons la moyenne. Les écarts notables entre déclarations sont signalés : nous considérons qu'il y a dispersion significative à partir de 10 % de variation sur la rétrocession ou de 10 heures d'amplitude sur le volume hebdomadaire.
Le taux horaire est calculé en rapportant la rétrocession annuelle au nombre total d'heures travaillées dans l'année, soit (52 - semaines de congés) x heures hebdomadaires. Cette pondération par les congés n'est pas neutre : un cabinet qui en accorde six au lieu de cinq remonte mécaniquement dans le classement, parfois de plusieurs places.
Voici les 14 premiers cabinets de l'échantillon, classés par taux horaire décroissant.
Les firmes anglo-saxonnes occupent 9 des 15 premières places du classement. Linklaters, Dechert, Reed Smith, Baker McKenzie, A&O Shearman, McDermott Will & Schulte, White & Case et Bird & Bird composent ce groupe, avec des taux horaires qui vont de 45 à 65 €/h.
Linklaters s'impose en tête du classement à 65,1 €/h, avec une rétrocession moyenne de 130 000 € et un volume horaire moyen de 43 heures hebdomadaires. C'est le combiné le plus rare de l'échantillon : la rétrocession la plus élevée du marché de 2ème année, associée à un volume contenu, en deçà de ce qu'affichent ses concurrents directs.
Dechert se place juste derrière à 63,8 €/h : 120 000 € pour 40 heures hebdomadaires. Un profil rare dans ce segment, où la majorité des firmes anglo-saxonnes demande entre 50 et 60 heures pour une rétrocession comparable.
McDermott Will & Schulte illustre le paradoxe du brut trompeur. Avec 130 000 €, la rétrocession est à égalité avec Linklaters, mais les 55 heures hebdomadaires déclarées absorbent l'avantage financier : le cabinet ne figure qu'au 9e rang à 50,3 €/h. White & Case présente un profil voisin, avec 127 500 € pour 58 heures en moyenne, ce qui le maintient au 12e rang malgré une rémunération nominale parmi les plus élevées de l'échantillon.
Hors top 15, le cas le plus parlant est celui d'Orrick, Herrington & Sutcliffe, qui affiche pourtant la rétrocession maximale de l'échantillon à 130 000 € : 65 heures hebdomadaires déclarées ramènent le taux horaire à 42,6 €/h, soit le 19e rang. Watson Farley & Williams (110 000 € pour 80 heures, 29,3 €/h) clôt cette illustration.
Les cabinets français représentent 6 des 15 premières places de ce classement. Gide, Franklin, CMS Francis Lefebvre, Cazals Manzo Pichot Saint Quentin, Scotto Partners et Vivien & Associés tiennent leur rang non pas sur le brut, mais sur le rapport temps/rémunération.
Gide Loyrette Nouel entre au 3e rang à 54,1 €/h : 114 400 € pour 45 heures hebdomadaires. La constance de la rétrocession entre les trois déclarations collectées (112 000 à 116 000 €) renforce la lisibilité de ce positionnement, qui place le cabinet devant la plupart de ses concurrents anglo-saxons en 2ème année.
Franklin Société d'Avocats se positionne au 5e rang à 53,0 €/h, avec 112 000 € pour 45 heures. Un niveau de rémunération qui, pour un cabinet français, se compare directement aux meilleures firmes internationales de l'échantillon.
CMS Francis Lefebvre Avocats figure au 9e rang à 47,9 €/h : 90 000 € pour 40 heures. Un positionnement solide, en cohérence avec l'image d'un cabinet français exigeant sur le temps protégé.
Cazals Manzo Pichot Saint Quentin se place au 10e rang à 47,6 €/h avec une rémunération uniforme à 97 000 € sur les trois déclarations, pour un volume horaire moyen de 43 heures. Une cohérence de réponses rare dans l'échantillon, qui renforce la fiabilité du positionnement.
Note : le cabinet vient de se scinder, il conviendra de vérifier si les nouvelles structures issues de cette séparation maintiennent les mêmes politiques de rétrocession et de volume horaire.
Scotto Partners clôt le groupe des cabinets indépendants français du top 14 à 47,1 €/h : 88 500 € pour 40 heures. Un taux horaire qui devance plusieurs firmes anglo-saxonnes affichant pourtant 20 000 à 40 000 € de plus en rétrocession brute.
Vivien & Associés ferme le classement au 14e rang à 44,6 €/h : 88 000 € pour 42 heures. Un profil maîtrisé qui illustre une nouvelle fois la même mécanique : en 2ème année, un cabinet français à 88 000 € peut payer mieux à l'heure qu'une firme internationale à 120 000 €.
La conclusion s'impose, comme pour les 1ères années : plusieurs cabinets français, Gide et Franklin en tête, offrent un taux horaire implicite comparable, voire supérieur, à celui des meilleures firmes internationales. Ce qui change radicalement la lecture du marché pour un collaborateur de 2ème année qui envisage une mobilité.
La 2ème année est souvent la première vraie occasion de négocier : l'année de stage est passée, le marché vous identifie comme un profil opérationnel, et la mobilité interne ou externe devient un levier. Ces chiffres montrent que l'écart entre le meilleur et le moins bon taux horaire du top 15 dépasse 20 €/h, soit l'équivalent de 40 000 à 50 000 € de rétrocession annuelle à volume horaire constant.
Vous pouvez contribuer à enrichir cet échantillon en participant à l'étude.
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